Si c'est bien de l'amour
Roman traduit du serbo-croate par Alain Cappon
ISBN: 
2-84720-101-7
18 €
format 13x19
Septembre 2006


Ce recueil de 20 nouvelles aborde, comme son titre l’indique, le thème de l’amour, de son absence ou son manque, de son image telle que nous la renverrait un miroir, de l’amour avec un grand A et tout aussi bien de l’amour banal, quotidien, de l’amour qui naît et de l’amour qui meurt.

Sans se répondre réellement, les nouvelles tissent ensemble un portrait plutôt sombre et sans concessions, jamais mièvre, de l’expérience de l’amour que les différents personnages ont pu avoir. Elles brossent aussi le tableau d’une ville, celle de Novi Beograd, où vit l’auteur. Depuis la fin de la guerre y règne le silence, « l’expectative, mais de quoi ? ». Car le recueil évoque en arrière-fond l’histoire récente, avec beaucoup de sensibilité, de douleur, à l’image de ces personnages qui ont traversé, vécu, les conflits sans en être jamais véritablement les acteurs. Comme si on n’était jamais véritablement acteur de l’Histoire alors qu’on la vit, comme si on n’était jamais véritablement acteur que dans l’amour, en le vivant pleinement ou en n’osant pas le vivre, en regrettant un acte ou un non-dit, en habitant le 7e étage d’une tour car pour un suicide il y a statistiquement plus de chances de ­réussite.

Parallèlement, alors que ses collègues postmodernes serbes, tels Svetislav Basara, ont démontré et prononcé la littérature vaine, tout ayant désormais été écrit, Mihajlo Pantic s’interroge sur l’écriture. Qui n’est jamais qu’un ultime recours pour se protéger du monde.

La mort n’est jamais loin, comme une idée fixe, voire directrice. Mais la réflexion sur l’amour et la mort trouve dans son achèvement un élan nouveau, irrépressible, avec l’ultime phrase du recueil : « La mort recèle quelque chose d’horriblement simple. L’amour est plus compliqué. »


Des personnages et des situations touchants et attachants, servis par une écriture sensible et juste. De très beaux textes.

Bibliographie de
Mihajlo Pantić