Bref été au Spitzberg
Récit de voyage avec cahier central couleurs comportant photos, cartes et croquis de l’auteur
ISBN: 
2-84720-080-0
200 pages - 20 €
Juin 2006


Le Svalbard, c’est loin, très loin. C’est froid aussi, très froid, même au cœur de son bref été où jamais le soleil ne se couche. Quand on vit au bord de la Garonne, on se demande parfois comment il est possible de survivre aux rigueurs climatiques du nord de la Loire. Alors, le Svalbard !

C’est peut-être justement pour ça qu’Aurélie Corbineau ira passer son été 2002 au Svalbard. Cet archipel la fascine, avec son mythique Spitzberg, rugueux amas minéral qui lui rappelle la terre et les matières qu’elle travaille dans son métier de céramiste. Mais c’est encore plus pour rencontrer les gens qui s’accrochent à ces récifs : un millier de Norvégiens (concentrés à Longyearbyen et vivant plutôt bien des 40 000 touristes annuels), des Russes, deux fois plus nombreux (qui survivent plus loin, autour de Barentsburg, dans des conditions calamiteuses), et quelques « passagers du froid » venus d’un peu n’importe où et débarqués là, à la recherche de quelque chose qu’ils auraient bien du mal à formuler. Entre autres, il y a Lars, le Danois, compagnon de marche (précieux quand on sait que rôde l’ours blanc), Medhi et son piano, Elisa, la presque grande sœur aux émois adolescents. Et il y a Tatjana, la fermière russe de l’ancien kolkhoze, avec son grand cœur et sa serre luxuriante en plein océan glacial arctique.

Mais ces rencontres, pour chaleureuses qu’elles soient, n’évitent pas à Aurélie la découverte d’un état qu’elle ignorait : l’ennui. Le Svalbard est une prison où règne l’ennui.

Avec des mots simples (« Nous avons passé une bonne partie de la nuit à regarder Gladiator. Ça nous a pris comme ça… ») exprimant des sentiments frais et spontanés (« ce voyage-là, je l’ai vraiment mal vécu ») au travers d’anecdotes savoureuses (quand on plante sa tente, autant ne pas le faire sur le chemin de l’ours), des rencontres étonnantes (avec même le ministre norvégien de l’Eglise), Aurélie se pose – et nous pose – cette question :
qu’est-ce que je fais là ? Et pourquoi ?

Ce n’est que plus tard qu’Aurélie comprendra. Le froid, le brouillard, la peur, la solitude, l’ennui, tout cela aura eu un sens : la découverte de soi.

 

Bibliographie de
Aurélie Corbineau